La laine de meuille

Bout à conte, conte à contre, veux-tu que je te raconte, un conte ?

Alors écoute… Mais avant pour mieux me comprendre une petite explication :
Le meuille en patois oleronnais est un poisson communément appelé  mulet. Appartient à la famille des mugilidés de l'ordre des Téléostéens perciformes. Il se trouve dans presque toutes les mers du globe. Pour se protéger des prédateurs il vit en banc et comme des moutons, les mulets s'enfuient tous dans la même direction dès que l'un d'eux prend peur.
Le meuille laineux est une variété de mulet (mugil labrosus ovis) qui mue une fois par an. Pêcher à ce moment là, on peut récolter sa peau qui effilochée donne la cette fameuse laine à  tricoter. Le vêtement ainsi confectionner : résiste aux embruns. C’est une laine qui ne feutre pas, est qui ne craint ni l’eau ni le sel. Mais je m’égare, je ne suis pas la pour faire une conférence sur les téléostéens et principalement sur les mugilidés. Revenons-en à nos moutons.
Alors… Bout à conte, le voulez-vous ce conte ?
Alors… Conte à contre, je vous raconte…

C'est l'histoire d'un amour impossible entre la fille d'un notable du Château d'Oléron et un jeune pêcheur de la Cotinière. Ce jeune homme avait toujours eu la chance de ne jamais rentrer bredouille.  Amédée en devint très prétentieux. Il était fier et orgueilleux. Il se vantait de ses prouesses de pêcheur et aussi de séducteur. Il prétendait avoir connu autant de filles qu'il avait pêché de poissons.

Un jour dans l'année de ses vingt-cinq printemps, il se mit en tête d'épouser la fille d'un notable du château d'Oléron. Il n'avait pas encore fait sa demande en mariage, qu'il avait déjà annoncé son mariage avec Ozéline. Quand il fit sa demande au père de la jeune fille, celui-ci appela sa fille. Celle-ci, était aussi belle qu'elle était ambitieuse. Elle ne voulait pas épouser un simple pêcheur. Elle lui fixa comme condition à leur union que celui lui amena chaque jour de quoi préparer la soupe de poisons le temps de leurs fiançailles. La durée de celles-ci était fixée au temps qu'il lui faudrait pour ramener de la laine de meuille filée. Ainsi sa future épouse en retour lui tricotera un pull marin qui résistera aux embruns et le protégera du vent. Il en accepta les conditions ne voulant pas admettre le refus déguisés d'Ozéline.

Pendant toute la saison hivernale, il porta chaque jour sa pêche à sa future et au premier jour du printemps n’ayant pas de trouver  de meuilles laineux. Il se décida à partir à la recherche de ceux-ci en Iroise  afin de mettre un terme à ses trop longues fiançailles. Il parcourut les sept mers et tous les océans du globe et vécu milles et une aventure à la manière de Simbab le marin... Et quand il revint au port de la Cotinière ce fut pour toucher ses invalides. Il prétendit avoir trouver de la laine de meuilles du coté des pays scandinaves mais de n'avoir pu en ramener suite à un naufrage. Il continua sa quête toujours dans l'espoir de ramené cette fameuse laine de meuille. Mais à défaut de laine de meuille il nous ramena de superbes légendes du monde marin.

Bout à conte et contre à conte, il y aura d’autre conte…
Prochain conte : Le phare au milieu des terres…

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